Un livre qui s'écrit

 Qu’il s’agisse d’articles ou d’ouvrages, j’ai toujours eu le plus grand mal à répondre à une commande. J’ai besoin que ce que j’écris vienne du plus profond de moi.
S’il s’agit d’un bref article en réaction à une information, une situation ou une phrase lue ou entendue, il peut s’écrire dans l’heure.
Pour un livre, c’est plus compliqué. Parce que le travail d’écriture s’accomplit pendant des mois ; il y a des obstacles à surmonter, des choix à faire, des matériaux à trouver ou au contraire un trop plein de matière dans lequel il faut trancher ; il y a les exigences de l’éditeur ou du directeur de la collection ; en outre, dès lors que l’on travaille sur le présent, il y a des éléments nouveaux qu’il faut prendre en compte tout en conservant la cohérence de l’exposé. Il faut donc une motivation durable, une ligne directrice, une ténacité ; il faut aussi que rien ne vienne interrompre ou briser la dynamique d’écriture...

 Au cours de l’hiver 2007-2008, j’ai rédigé un livre pour souligner une fois encore l’exceptionnelle gravité des mutations en cours et tenter d’aider à prendre la mesure de nos responsabilités. Je l’avais appelé : Le Carrefour sublime, pour exprimer le caractère décisif de la période. Il n’a pas eu l’heur de plaire aux éditeurs auxquels je l’ai soumis. Je l’avais écrit avec plaisir. Je n’ai pas vu comment le retravailler. Je le reprendrai sans doute plus tard.
 Actuellement, je travaille sur un autre projet. L’éditeur à qui j’en ai soumis l’orientation générale et le plan provisoire est d’accord pour que je tente cette expérience : en publier les chapitres sur le net au fur et à mesure de leur écriture – les lecteurs qui le souhaitent pouvant me faire part de leurs réactions, critiques ou suggestions.
 Pour le titre, à ce stade, j’hésite entre deux :

Demain, le pire des mondes ?

Ou, plus simplement :

La Fin d’un monde.




Prologue

Dans un monde en plein chambardement,  
une évanescente responsabilité


 Automne 2008.
Après une longue période d’euphorie sur les places boursières et de hausses des prix immobiliers, se succédèrent de brusques flambées des cours : du pétrole, de l’acier et d’autres matières premières, des céréales et d’autres produits agricoles... Puis la crise éclata en rafales : les non-remboursements, aux États-Unis, de crédits immobiliers piégés mirent au grand jour l’ampleur de la diffusion dans le monde de produits financiers dérivés à hauts risques et suscitèrent la spirale de leur dégradation ; banques, assurances et officines récemment créées dans leur voisinage furent confrontées au risque de cessation de paiements : certaines sombrèrent, d’autres furent secourues, la plupart réduisirent brutalement l’octroi de nouveaux crédits ; l’ensemble de la sphère financière, véritable puissance devenue dominante dans les décennies d’ultra-libéralisme, parut menacée ; les bourses plongèrent ; l’activité économique ralentit.
Dans son déroulement cette crise ressemble comme une sœur à celle de 1929 - avec deux différences majeures : un facteur aggravant, l’ubuesque prédominance prise par un capitalisme financier auquel le contexte ultra-libéral avait permis tous les excès ; et un facteur rassérénant, la décision des gardiens de l’orthodoxie libérale (contrairement à celle prise par leurs grands-oncles dans les années 1930) d’ouvrir largement des vannes de financement pour les organismes bancaires et financiers en difficulté.
Mais, sous cette crise, s’en déroule une autre marquée par l’affaiblissement des États-Unis et de l’Occident, la montée de la Chine, de l’Inde et de l’Asie, l’épuisement des énergies et des technologies du siècle passé et l’amorce de leur remplacement. Cette crise a de fortes ressemblances avec la “longue dépression” qu’a subie à la fin du XIXe siècle la vieille Europe : une période qui annonçait une redistribution des activités dans le monde (avec l’affirmation des capitalismes américain et allemand et l’émergence des économies russe et japonaise)  et qui amorçait une autre grande mutation, le passage de l’ère du charbon, de l’acier et du moteur à vapeur à celle du pétrole et de l’électricité (avec de nouveaux moteurs), de la chimie et des métaux non ferreux.
Mais là, il y a une différence capitale : en ce début de XXIe siècle, pour la première fois de l’histoire, les activités humaines déstabilisent la Terre. Nous gaspillons, polluons, dégradons, dévastons, épuisons les ressources, chamboulons le climat, contribuons à une nouvelle disparition massive d’espèces vivantes. Eau, énergie, sols, vivant, nous détruisons sans compter. Nous créons sans cesse de nouveaux besoins, de nouvelles frustrations, de nouvelles pauvretés. Nous harassons la Terre par nos prélèvements et nos rejets. Nous l’empoisonnons à la chimie et au nucléaire. Nous créons des raretés qui s’imposeront comme des contraintes ou des limites absolues pour des générations.
Tout, aujourd’hui, est dominé par ce fait majeur : la Terre est en péril, et nous en sommes responsables. Des trois crises qui plombent cette année 2008, c’est celle dont on parle le moins, alors qu’à travers elle se jouent d’une manière inextricable les équilibres vitaux de la Terre, la diversité et même la reproduction du Vivant, le devenir et la qualité humaine de l’Humanité.

*

Face à cette crise dont nous voyons chaque jour des manifestations et des effets, nous sommes à la fois déconcertés et anxieux.
Nous le sommes pour bien des raisons : d’abord, manifestement, “ça nous dépasse” ; et puis, c’est du “jamais vu”, donc d’une certaine manière, c’est “pas croyable” ; de plus, c’est trop à la fois - les pollutions, le climat, les abeilles, l’eau, les poissons, les forêts, les sols, les espèces, les cataclysmes, les famines, la désertification, l’érosion de la diversité biologique, la fonte des glaces, la mort des coraux, les menaces sur le plancton - trop à la fois, “on se sent impuissant”.
Plusieurs autres aspects compliquent encore les choses.
D’abord, cette crise touche “tout le monde”, mais ce sont des populations démunies, des pauvres de tous les pays qui vont être les plus éprouvés. Or ce sont les États, les firmes et les consommateurs des pays riches qui ont suscité au  XXe siècle les dérèglements dont nous souffrons aujourd’hui ; et ils ont été rejoints par des vagues successives d’oligarchies, de consommateurs, de firmes et d’États d’autres parties du monde. Au total aujourd’hui, un quart de la population mondiale contribue peu ou prou - et pour certains énormément - à la surexploitation, la dénaturation et la dégradation de la Terre : un quart que beaucoup dans le monde envient et tentent de rejoindre.
Il est nécessaire, dans les prochaines décennies, d’inventer et de mettre en œuvre non seulement des énergies et des technologies, mais des manières de bien vivre, qui permettent à notre planète de se refaire une santé. C’est encore possible, même si cela est d’année en année plus difficile. Compte tenu de la profondeur des inégalités actuelles, le plus dur sera d’obtenir de ceux qui ont érigé en privilèges leurs pratiques prédatrices, qu’ils y renoncent...
Ensuite, la perception et la compréhension de cette grande crise des relations entre l’Humanité et la Terre sont en permanence parasitées : ce qui à mes yeux est clair et dont je viens de commencer l’exposé, est immergé dans une ahurissante confusion de messages, d’images, de commentaires, de “divertissements”, de séries télé et autres produits à décerveler ; à quoi s’ajoutent des publicités - qui associent à la “nature” les marchandises les plus diverses -, des informations soigneusement calibrées sur quelques faits accrocheurs (accidents, attentats, violences de toutes natures, sorties présidentielles et autres mises en scènes officielles), les résultats sportifs, les météos quotidiennes, des faits marquants d’une des crises en cours, des nécrologies, des commémorations, la “journée mondiale” du jour...
Et lorsqu’on parle de la grande crise en cours, quelle cacophonie ! Prenons ce qui est encore le plus grand média de large écoute : la télé. Quelle émission laisse à un expert du temps pour traiter d’une question majeure sur laquelle il travaille ? Au mieux il est invité à un “débat” où seront survolées diverses questions à partir desquelles s’emmêleront plusieurs discours, éclatés, discordants et déphasés. Faut-il, pour passer à l’écran, participer à une de ces émissions rigolardes, animées par des bateleurs habiles à entretenir un niveau suffisant d’hilarité, de vulgarité et de complicités complaisantes ? Mais est-ce mieux d’accorder, pour une grande émission sérieuse, une solide interview bien articulée d’un bon quart d’heure..., pour en retrouver quelques bribes de 15-20 secondes, mêlées à d’autres commentaires, en contrepoint ou en assaisonnement d’images d’archives ou de reportages ? Plus largement, si on laisse de côté l’exceptionnelle Arte, quelle grande chaîne de télé a consacré, à une heure de large écoute, une émission au changement climatique, à la pauvreté ou à la faim dans le monde, aux pollutions chimiques, aux déchets nucléaires ou à l’emprise de quelques grandes firmes sur les agricultures ?
Pour chacun de ces sujets, il y a des lobbies et des commissaires politiques qui mettent en garde, exigent de l’objectivité - alors que, pour eux déjà, le choix du sujet est suspect - bref, font obstruction.
Il y a aussi la crainte d’inquiéter, le culte de la vision positive, le rejet de ce qu’ils appellent le pessimisme - qu’ils diagnostiquent dès qu’on commence à réfléchir sur ce qui va mal dans notre monde.
Et il y a le rejet viscéral des tentatives de dépasser les approches sectorielles, par sujets ou par domaines, pour dégager une vision d’ensemble...
Il y a probablement aussi, chez beaucoup de nos “irresponsables responsables” qui se partagent les postes, les fonctions et les privilèges du pouvoir, la ferme volonté de ne pas voir. À chaque jour suffit sa peine : pourquoi diantre prendre en charge un problème qui m’amènera à demander des sacrifices pour des fruits qui ne viendront qu’après la fin de mon mandat ?
Une manière d’occuper les postes de pouvoir sans en assumer la charge : ce que j’ai longtemps qualifié d’acratie et qui, face aux enjeux actuels, constitue une forfaiture - qui devrait, dans les cas les plus graves être jugée un jour comme crime.

*

Dans ce livre, je souhaite inviter le lecteur à réfléchir sur notre responsabilité face au devenir du monde.
Il ne s’agit pas de s’attarder sur les responsabilités passées pour nourrir, avec tant d’autres, un nouveau dossier en culpabilisation. Pour autant, cela ne doit pas nous empêcher d’intégrer dans notre réflexion que ce sont - pour parler comme l’ont fait les organismes internationaux - les pays “développés” ou “industrialisés” ou “à revenus élevés”, qui ont été, dans les deux siècles passés, les principales sources et les principaux bénéficiaires des dégradations de notre planète : et d’abord l’Europe et l’Amérique du Nord avec, après la Seconde Guerre mondiale, le Japon et les “dragons” d’Asie - bref, les principaux pays capitalistes de cette période, à quoi il convient d’ajouter le bureaucratique étatisme de l’ex-Union soviétique.
Il va essentiellement s’agir, face aux atteintes de plus en plus graves que subissent de notre fait la Terre et le Vivant, de cerner la nouvelle responsabilité  qui nous échoit, de réfléchir sur la manière dont elle est - ou non - prise en charge et d’essayer de voir comment mieux l’assumer.
Car, être responsable du monde ne va pas de soi.
D’abord, on n’efface pas aisément du fond de notre mémoire collective et de notre inconscient des dizaines de milliers, ni des millions d’années. Le Vivant est né de la Terre et les humains sont issus du Vivant. Depuis la nuit des temps, chaque groupe humain a puisé ses moyens de subsistance dans son terroir -  en en acceptant les douceurs et les bontés et en en redoutant les intempéries et les violences ; pendant des centaines de générations, les humains ont vu, dans les éléments déchaînés et dans les cataclysmes, l’expression de la colère de dieux ou de forces des profondeurs ; et ils remerciaient des divinités pour les bonnes récoltes et autres aménités de la “nature”. Face aux tornades, aux sécheresses, aux inondations ou aux rigueurs du gel, ils étaient et se sentaient faibles, vulnérables, comme nous le sommes encore parfois dans certaines circonstances.
Nous gardons quelque part au fond de nous un mélange d’attachement et de pulsions revanchardes à l’égard de cette mère nourricière débordante de générosité, capable de fureurs et de dérèglements : une toute-puissance pour le présent et pour le lendemain, pour la soif et pour la faim, pour le meilleur et pour l’effroi ; une inépuisable source de vie et de bienfaits à laquelle il est inconcevable d’attenter gravement et dont il serait insensé de se sentir responsable.
Mais les relations entre l’espèce humaine et “sa” Terre, riche de l’exceptionnelle diversité du Vivant, se sont brusquement et profondément transformées dans les tout derniers siècles. Les humains se sont dotés de connaissances et de moyens techniques qui font qu’aujourd’hui ils mettent à mal la planète, ses eaux, ses sols, ses climats et menacent l’ensemble du Vivant : un nouveau rapport de forces que nous avons encore du mal à concevoir et dont nous n’assumons pas toutes les implications.
Or cette mutation s’est accompagnée d’une coupure de plus en plus profonde entre la vie de la Terre et l’existence d’une part croissante de l’Humanité.
Nos lointains ancêtres avaient vécu en totale immersion dans la “nature”. Puis se sont développées les premières grandes civilisations : les plus remarquables traces que nous en avons trouvées viennent de centres voués aux cultes des dieux, aux relations avec l’au-delà, au pouvoir et au stockage des grains. Alentour, se sont développées des villes, lieux d’opulence et d’activités diversifiées. Mais une très grande proportion des populations (90 à 80 %) continuait à vivre dans une dépendance directe ou dans une très grande proximité de la terre. Ce n’est que très récemment que s’est ouverte, avec l’industrialisation et le foisonnement des échanges, une ère nouvelle de large urbanisation : aujourd’hui, la moitié de la population mondiale vit dans des agglomérations urbaines - dont un milliard, environ un tiers de ces urbains, dans des bidonvilles.
Dans les sociétés à fort enracinement agricole, la production vivrière et l’autosubsistance occupaient une place majeure, tandis que les rapports marchands et l’argent demeuraient négligeables ou secondaires ; le souci de maintenir les ressources (sols, bois, poissons, gibier...) à un niveau suffisant a imposé des limites et des pratiques que transmettait la tradition. Aujourd’hui, la population a partout augmenté, les besoins se multiplient et se diversifient, entre production et consommation des réseaux d’échange sillonnent le monde, les rapports d’argent se généralisent, le pouvoir d’achat tend à devenir partout dans le monde la première condition de la vie - et même de la survie. Au total, les liens se sont distendus entre production et état de la capacité productive, comme entre consommation et effets sur l’environnement : il y a tant d’étapes, d’intermédiaires, de transformations que les causalités s’estompent.
Plus simplement : un consommateur d’électricité en France aura beaucoup de mal à voir le lien entre l’usage qu’il fait de ses écrans et de ses appareils ménagers et la destruction d’une nappe phréatique au Niger - une nappe vitale pour quelques villages et quelques caravanes. Comment pourra-t-il un jour s’en sentir responsable ?
En simplifiant à l’extrême, jadis les petites sociétés rurales se sentaient en charge de préserver leur terroir où allaient vivre leurs descendants ; et, en cas de dérèglement, elles étaient les premières à en subir les conséquences. Aujourd’hui..., c’est infiniment plus compliqué ; les responsabilités se diluent. Et cette évanescence de la responsabilité, associée à notre capacité de nourrir sans cesse de nouveaux besoins - ce qu’encouragent les marques  et l’hyper-commerce - explique en partie que, depuis les années 1980, l’espèce humaine consomme et utilise plus que ce que la Terre peut produire sans être surexploitée.
Il va donc falloir restaurer un esprit de responsabilité et refonder un système de responsabilités. Car, par delà l’excès de nos prélèvements et de nos déjections, il y a l’immense ensemble de “nuages bruns” qui s’est installé depuis le début du siècle sur l’Asie et qui s’étend, en l’automne 2008, de la Chine au Golfe persique ; il y a bien sûr les émissions de gaz à effet de serre, le changement climatique et la fonte des glaces ; il y a, encore, l’érosion de la couche d’ozone, dont l’ampleur du “trou” a, dans l’été 2008, battu tous les records ; il y a ce que certains annoncent comme la sixième disparition des espèces de l’histoire de la Terre, la première principalement due aux activités humaines ; il y a les affections et les maladies, associées à ces pauvretés qui n’en finissent pas de se reproduire, sous l’opulence comme dans les crises...
Cette énumération, sommaire et incomplète, suggère un autre obstacle aux efforts pour susciter l’esprit de responsabilité indispensable face aux multiples atteintes que nous portons à la Terre et au Vivant : il y a des forces, il y a des intérêts, il y a des puissances qui pèsent en sens inverse. Petit jeu : reprenez la liste de l’alinéa précédent et repérez, pour chaque dommage énoncé quels acteurs peuvent avoir intérêt à ce qu’il ne lui soit pas mis fin... J’y reviendrai, bien sûr, au cours de ce livre.
Perte du lien avec la Terre vivante d’une part croissante de l’espèce humaine ; illisibilité des processus à travers lesquels nos manières de vivre impactent notre environnement et notre planète ; actions de forces puissantes pour empêcher l’accès à l’information, la prise de conscience et l’émergence de solutions alternatives... En quoi cette esquisse de réflexion sur l’irresponsabilité contemporaine nous avance-t-elle ?
D’abord, elle doit nous aider à comprendre que notre responsabilité à l’égard des dégradations et du devenir de la Terre doit être refondée et reconstruite en fonction des réalités de la nouvelle ère dans laquelle nous entrons.
Ensuite, cette responsabilité, nous allons devoir dans un même mouvement la réinventer et commencer à l’exercer. Car nous avons perdu plusieurs décennies à tergiverser. Différents devenirs sont encore possibles. Mais le temps presse car nous sommes déjà engagés dans un carrefour décisif. Notre futur d’aujourd’hui sera un jour un passé accompli et irréversible et c’est chaque jour qu’il se dessine à travers la multitude des choix qu’à tous les niveaux, dans tous les domaines, nous faisons ou ne faisons pas.
Éclairer ces choix par la conscience de nos nouvelles responsabilités peut aider à éviter de périlleuses fuites en avant ou d’inhumaines dérives. Certes, face à la puissance des intérêts, à l’épidémie d’addiction au crédit et à la consommation, aux mirages de l’ultra-libéralisme et à l’embrigadement des scientifiques par les très grandes firmes, cette conscience ne suffira pas : il faudra un puissant mouvement planétaire, peut-être un sursaut de génération, si l’on veut maintenir une Terre vivante et enrichir la qualité humaine de l’Humanité.
Et là, le constat des dommages que nous causons et la montée d’une nouvelle exigence de responsabilité peuvent jouer un rôle.


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