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Echos
Cette page est destinée à accueillir des brèves, des propos, des prises
de position, des déclarations venus d'ailleurs - d'autres
temps, d'autres lieux, d'autres horizons - qui me paraissent
de nature à nourrir l'information ou la réflexion
sur des problèmes importants, des réponses, des
actions en cours ou à mener...
Peuvent aussi trouver ici leur place des réactions - passées ou non par “contactez-moi”
- à ce site ou à mes livres : critiques, divergences, propositions ou
autres contributions. Dans certains cas, je peux m'autoriser
une brève réponse.
Après
la parution de Face au Pire des mondes, je vais aussi présenter
des informations que rend nécessaires la rapidité des
évolutions en cours...
Une rubrique qui, elle aussi, se renouvelle au fil des semaines.

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Automne 2011
Quelques nouvelles parues depuis la publication de Face au Pire des mondes
L’urgence à stopper la surexploitation des abysses. "Des
experts s’alarment des dommages irréversibles
causés sur la biodiversité par la pêche en eaux
profondes (...). La pêche en eau profonde s’est
développée pour compenser la diminution de stocks de
poissons dans les eaux de surface (...). Sur 70 espèces
capturées en eau profonde, seule une dizaine sont
commercialisées – souvent – présentées
sans tête et sous forme de filets pour ne pas repousser les
consommateurs – le reste est rejeté à la mer, mort
(...). Très destructrice avec ses filets, elle ne concerne
guère que 300 bateaux de gabarit industriel, fait vivre un
nombre limité de pêcheurs mais coûte cher en
subventions. Environ 80% de cette flotte bat le pavillon de dix
Etats : Espagne, Corée du Sud, Nouvelle-Zélande,
Russie, Australie, Japon, France, Portugal, Belize et Estonie". (Martine
Valo, Le Monde, 15 octobre 2011, p. 6).
Climat : "On ne peut pas négocier avec la nature", Mohamed Nasheed, président de la République des Maldives :
“Nous avons 16 îles dont nous avons dû
déménager les populations en raison de l'érosion
des côtes (due à la montée du niveau marin). Nos
nappes d'eau douce ont été contaminées sur 70
îles en raison de l'intrusion de l'eau de mer sur les terres
émergées (...). Nous avons donc des problèmes
d'accès à l'eau, de sécurité alimentaire,
de migrations internes, nous avons tous les problèmes
sérieux auxquels les autres pourront être plus tard
confrontés. Nous devons consacrer 40 % de nos investissements au
financement de politiques d'adaptation (...). Chez nous, aux Maldives,
l'eau est déjà dans la maison (...). Le processus actuel
de négociation est imbécile, inutile et sans fin. Il est
fondé sur ce principe : deux parties sont d'accord, une
troisième arrive et dit qu'elle n'est pas d'accord et elle
réduit l'ambition des autres. En définitive, même
si nous aboutissons à un accord, ce sera un accord pour rien. Il
sera si dilué qu'il n'aura aucune utilité (...). Pour
nous, ces histoires de responsabilités historiques sont sans
objet. Aujourd'hui, les responsabilités sont également
partagées.” Propos recueillis par Jacques Follorou et
Stéphane Foucart (Le Monde, 14 X 2011, p. 7).
Un trou dans la couche d'ozone observé en Arctique.
“Un trou d'une taille équivalente à cinq fois la
surface de l'Allemagne s'est ouvert dans la couche d'ozone au-dessus de
l'Arctique, égalant pour la première fois la diminution
observée dans l'Antarctique... Provoqué par un froid
exceptionnel au pôle Nord, ce trou record s'est
déplacé durant une quinzaine de jours au-dessus de
l'Europe de l'Est, de la Russie et de la Mongolie, exposant parfois les
populations à des niveaux élevés de rayonnements
ultraviolets, ont précisé les chercheurs (lemonde.fr
avec AFP, 3.octobre 2011, d’après une étude
parue dimanche 2 octobre dans la revue scientifique britannique Nature).
Les négociations sur le climat au bord du coma.
“Les discussions pour préparer le sommet de Durban
reprennent, alors que les États ne parviennent pas à
s’entendre sur la suite à donner au protocole de
Kyoto”, souligne Laurence Caramel. Un schéma met en
lumière la très forte croissance des émissions de
CO2 par habitant en Chine : de 2,2 tonnes en 1990 (moins
d’un tiers de celles d’un Français à
l’époque), elles atteignent 6,8 tonnes en 2010 (presque
une tonne de plus qu’un Français) ; dans le
même temps, les émissions par tête des
États-Unis ont reculé : de 19,7 à 16,9 tonnes
(Le Monde, 1er octobre 2011, p. 7).
Quelques nouvelles parues depuis la fin de la rédaction de Face au Pire des mondes
L'ONU appelle à ne pas négliger le climat en protégeant la couche d'ozone.
Les HFC (hydrofluorocarbones, n'appauvrissent pas la couche d'ozone
mais sont de très puissants gaz à effet de serre. «
J'engage vivement les Parties et l'industrie à saisir, chaque
fois que c'est possible, l'occasion qu'offre l'élimination
progressive des HCFC de passer directement à des substances
autres que les HFC. Ce n'est qu'en limitant les changements climatiques
à l'échelle mondiale que nous pourrons espérer
parvenir à un développement durable pour tous », a
insisté le secrétaire général ( Xinhua, 17 septembre 2011).
Aux Etats-Unis, l'écologie ne paye plus. Barack Obama recule devant les attaques des Républicains contre l'Agence pour la protection de l'environnement. (Titres@lemonde.fr, mercredi 7 septembre 2011).
"Ma supplique aux dirigeants
: étudiez la science climatique !" Rajendra Pachauri,
président du GIEC, dénonce la "résistance
d'intérêts particuliers” : “Il y a,
à Washington, 2 340 lobbyistes opposés à
toute action sur le changement climatique, financés par 770
entreprises” (Le Monde, 20 juillet 2011).
Les océans seraient à la veille d'une crise biologique inédite depuis 55 millions d'années. Des
experts redoutent un effondrement des écosystèmes marins
du fait du réchauffement, de l'acidification des mers et des
pollutions (Stéphane Foucart, Le Monde, 24 VI 2011, en titre de la p. 11).
Les émissions de CO2 ont atteint un niveau record en 2010.
Les émissions de CO2 ont atteint leur plus haut niveau
historique en 2010, dépassant de 5 % leur
précédent record enregistré en 2008. Il s'agit
d'un "sérieux revers" pour la lutte contre le
réchauffement climatique, annonce, lundi, l'Agence
internationale de l'énergie (Lemonde.fr avec AFP, 30 mai 2011).
Publié par le Seuil
FACE AU PIRE DES MONDES
est sorti en librairie fin septembre
JUILLET 2011
Depuis des mois, concentré sur la préparation de mon prochain livre,
j'ai délaissé cette rubrique.
AVRIL 2010 :
• Indice de confiance, Pauvre France
DECEMBRE 2009 :
• Avatar
Himalaya, Le syndrome de M. Hulot
OCTOBRE 2009 :
Cauchemar américain, Météorologie planétaire
SEPTEMBRE 2009 :
L’avenir de l’intelligence, Duo raciste, Quand la Chine s’affirme, Folie énergétique
AOÜT 2009 :
Les Pays-Bas face à la montée des mers
JUILLET 2009 :
Malaise présidentiel, Solaire sino-américain, Méga-centrales solaires
JUIN 2009 :
Affaire Madoff : les zones d'ombre, Arthus-Bertrand : doit faire mieux
MAI 2009 :
Le patient agacement de la Chine
AVRIL 2009 :
Confondante confusion, Optimum Population Trust, Histoire
MARS 2009 :
Par delà l’enjeu du SMI, Des eaux marines plus acides, Cordonniers et scientifiques
FEVRIER 2009 :
Aux limites de la connaissance, Du soleil et du vent, Hallucinant
JANVIER 2009 :
Trop loin ?, Quand même..., Les loups...,
Élysée : mornes vœux
Ouvrir Echos
2008
DECEMBRE 2008
:
50 milliards :
qui a gagné, qui a perdu ?, 50 milliards
de $
NOVEMBRE 2008
:
Un mort qui dérange,
Obama s'engage sur le climat, Rocard a dit
OCTOBRE 2008:
À quand la
prochaine crise ?, Chère décontamination
SEPTEMBRE 2008
:
Le CERN victime d'une
fuite, Le CERN amorce son nano-Big Bang
AOÛT 2008 :
Afghanistan
: Sarkozy après Bush, Morts en Afghanistan,
Le prince Charles et les OGM, Un atlas européocentré,
Soljenitsyne
JUILLET 2008
:
Entre USA et Chine,
Pauvreté et opulence
JUIN 2008 :
Bush sème
la discorde
MAI 2008 :
Cent mille..., Popularités
en chute
AVRIL 2008 :
Sources du mal, Le
trou noir du CERN
MARS 2008 :
Retour de Venise
FÉVRIER
2008 :
"Casse-toi…",
Kokopelli
JANVIER 2008
: Année la plus chaude, Spatial touristique,
Autour de l'Iran, Menaces sur la biodiversité,
Cher Tony Blair
, Une suggestion
DÉCEMBRE
2007 :
Sur la misère
Haut


JUILLET 2011
Depuis des mois, concentré sur la préparation de mon prochain livre,
j'ai délaissé cette rubrique.
Publié par le Seuil
FACE AU PIRE DES MONDES
va sortir en librairie fin septembre
Titre
Text
Com
Date
Voir aussi, par CALLIOPE, LA DAME SUR LE NET...
Prodige
"Quelle chimère est-ce donc que l'homme ? quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige !" (Pascal, Pensées, VIII, I, éd Havet). Mais à qui donc, aujourd'hui, cette pensée pourrait-elle convenir ?
Beurkh...
Vous l’avez aimé vulgaire, débraillé, grossi, grossier... Dans Mammuth,
vous le retrouverez chevelu, hirsute, débordant de graisse,
difforme, puant, répugnant, veule et con à la fois. La
totale. Un prodige. Ad nauseam.
AVRIL 2010
Indice de confiance
Au comptoir d’un café, quelques habitués commentent
la nouvelle campagne menée pour retrouver les boîtes
noires de l’Airbus qui s’est crashé sans mot dire
dans l’Atlantique entre le Brésil et Paris.
Dans un “trou de conversation”, l’un d’eux
lâche : “Pour moi, s’ils cherchent comme
ça, c’est pour les détruire... Pour qu’il ne
reste aucune trace de l’accident”...
Pauvre France
Entendu ces derniers temps sur des marchés.
D’un groupe de trois hommes - la cinquantaine
fatiguée ; l’un est au chômage ; un autre
a trouvé un travail ; le troisième
l’interroge :
- Et, ça se passe comment ?
- Oh, bien ; le patron arrive comme nous, en bleu de travail, et il bosse avec nous...
- Et..., c’est..., pour long...?
- (hésitation, puis d’une voix sourde) ... c’est un contrat à la semaine.
D’un autre groupe, plus nombreux. Un homme prend des
nouvelles d’une connaissance commune. C’est une femme qui,
par bribes, le renseigne :
- ... après sa maladie, il a été au
chômage... et puis, il a retrouvé...; il a
remonté... Et puis, il est retombé au chômage... On
l’a vu encore un peu ; il a recommencé à
travailler... Mais maintenant, il est à nouveau au
chômage... on ne le voit même plus...
Long silence, un bien lourd silence...
Un échange entre deux hommes : et puis les
banques... elles nous plument comme des volailles... frais, agios...
elles prélèvent, et on s’en aperçoit
à la fin du mois... moi c’est pareil, le moindre retard...
ouais, un dépassement de 24 heures et ça tombe... elles
te proposent des tas de choses, t’en as pas besoin et t’y
comprends rien... c’est comme leur “facilité de
dépassement”... un vrai piège à rat... tant
que tu leur apportes des sous, ça va... mais si t’as
besoin d’elles, y a plus personne... ou alors elles te sonnent...
Obama mis au pas ?
Aujourd’hui sur lemonde.fr, ces deux informations.
Les espoirs de mesures de régulation bancaire aux
États-Unis sont en train de faire long feu :
“Contrairement à ce qu'elle a voulu faire croire,
l'administration Obama n'a guère envie de se montrer
sévère avec les banques, que ce soit pour en limiter la
taille ou les activités”.
Barack Obama relance le nucléaire civil aux
Etats-Unis : son administration allouerait "8 milliards de dollars
en garanties de prêts pour entamer la construction de la
première centrale nucléaire depuis trente ans".
Après
avoir vu sa cote baisser dans l’opinion et perdu la
majorité qui lui permettait de mener une grande politique, Obama
peut-il résister aux lobbies ? Il est vrai que celui de la
finance et de la banque est, depuis sa désignation,
déjà bien présent dans l’équipe
présidentielle.
Mardi 16 février 2010
Sarkozy penseur
“Comment remettre le capitalisme au service de l'homme ? C'est la
grande question du XXIe siècle", a déclaré le
président Sarkozy au cours de son one-man-show de Davos (voir billet d’hier).
De deux choses l’une :
- ou bien il n’a pas compris que, comme tout système
marchand, le capitalisme n’est et ne sera jamais qu’au
service des détenteurs de pouvoir d’achat ;
- ou bien, il estime - peut-être sans y avoir vraiment
réfléchi - que seuls les détenteurs de pouvoir
d’achat sont des hommes.
Ce qui annonce
la nouvelle définition de l’homme dans les
sociétés d’apartheid par l’argent qui se
mettent en place en ce début de XXIe siècle.
Jeudi 28 janvier 2010
Avatar en Inde
En lisant lemonde.fr :
dans la région de l'Orissa à l'est de l'Inde, les
8 000 membres de la tribu des Dongria Kondh “sont
menacés d'expropriation par une compagnie britannique, Vedanta
Resources, qui veut exploiter la bauxite de leur montagne”.
L’ONG Survival International, qui défend les peuples indigènes a publié dans Variety
un appel à James Cameron pour leur venir en aide - tant leur
situation est proche de celle des Na’vi dans le film Avatar (voir
l'écho du 18 décembre).
Me revient en tête qu’il y a une quinzaine de jours une chroniqueuse de Culture matin
a vivement dénigré ce film comme grossièrement
simpliste et caricatural. Toujours ce refus de voir les aspects
inquiétants de notre monde chez les politiques, comme chez trop
de commentateurs et d’intellectuels ; et chez ces derniers,
le refus de voir des réalités qui bousculent le confort
de leurs petits cercles et qui leur paraissent trop grossières,
trop simplistes pour l’élégante
légèreté de leurs discours.
Dimanche 10 janvier 2010
Vu le film Avatar, de James Cameron : sur une planète
lointaine, une troupe surarmée, architechnicisée,
composée de mercenaires bornés, racistes, dressés
à tuer et à détruire, doit évacuer une
population de la terre qu’elle habite depuis toujours. Cette
évacuation est nécessaire pour qu’une firme
minière puisse exploiter un gisement essentiel pour les
activités de la planète métropolitaine. Or le
gisement est précisément situé sous l’arbre
sacré dont les branches montent jusqu’au firmament, qui
est au cœur des rites et de la vie de la population
indigène.
Un saisissant
raccourci de ce qui se passe depuis quelques décennies sur notre
Terre - sauf que, chez nous la bataille finale n’aurait pas eu
lieu, tant sont disproportionnés les rapports de forces. Comme
on pouvait le craindre, critiques et commentaires ont surtout
souligné les prouesses techniques, la beauté des paysages
et la fluidité de l’animation.
Vendredi 18 décembre 2009
Tous les glaciers de l’Himalaya pourraient disparaître
d’ici 2035. Or l’Himalaya est le château
d’eau de larges régions de l’Asie.
Si
j’étais Chinois, je m’inquiéterais.
Samedi 28 novembre 2009
*Depuis, cette information a été retirée comme erronée (voir billet du 13 février 2010).
Vu Le syndrome du Titanic de Nicolas Hulot : des
déferlements d’images dénonciatrices - autoroutes
à 6 ou 10 voies encombrées de voitures ou
embouteillées, cités hérissées de buildings
illuminés, monstrueuse machine à pinces hénaurmes
pour démanteler des carcasses de ferraille, rayons
surchargés de grandes surfaces, scènes de misère,
de ravages et de foules ; et en accompagnement sonore,
distillées sobrement, des formules qui sonnent
désespérément creux. Comme un tragique constat
d’échec, un aveu d’impuissance ou, pire encore
puisqu’il n’y a pas de diagnostic construit,
l’incompréhension rageuse d’un petit garçon
dont une vague vient d’effondrer le château de sable.
Lundi 9 novembre 2009
La
ville de Detroit avait reçu 15 millions de dollars de fonds
fédéraux au titre des programmes de Prévention des
Sans-abris et du Relogement Rapide ; elle avait annoncé la
distribution de 5 000 formulaires. Mais, raconte le Detroit News relayé par contreinfo.info,
plusieurs dizaines de milliers de personnes sont venues et dans les
bousculades ou lors d’altercations, plusieurs ont
été blessées, certaines piétinées
par la foule. Il y a huit jours, le magazine Forbes
évaluait à 1 270 milliards de dollar la richesse des
400 personnes les plus fortunées aux États-Unis,
Chacune de ces
informations mérite évidemment d’être
diffusée, mais ne prennent-elles pas plus de relief quand on les
rapproche ?
Jeudi 8 octobre 2009
Selon le Guardian relayé par contreinfo.info, une nouvelle étude du Met Office
du Royaume Uni estime que, faute d’une action rapide, le
réchauffement pourrait atteindre 4°C d’ici les
années 2060 ; cette étude “prend en compte le
niveau d’émission actuel de CO2 - supérieur
à celui du scénario le plus pessimiste du GIEC - ainsi
que les boucles de rétroactions climatiques”.
Cela fait des
décennies que cette menace climatique est annoncée,
étudiée, analysée et que les mises en garde se
multiplient et se durcissent. Le risque s’aggrave. Ne doit-on pas
dès lors se demander qui y a intérêt et
criminaliser les atteintes les plus graves à la reproduction de
la Terre ?
Jeudi 1er octobre 2009
L’avenir de l’intelligence
L’intelligence,
certes, ne serait pas sans le cerveau. Mais elle atteint sa
plénitude grâce aux incessantes et innombrables relations
du cerveau avec nos organes sensoriels, donc avec le monde
extérieur, toutes les perceptions que nous en avons et les
activités que nous y menons - mais aussi avec les autres et plus
largement avec le vivant.
Nous devons donc nous
poser cette question : que va devenir l’intelligence des
humains dont l’enfance et l’adolescence auront
été principalement marquées par le contact avec
des artefacts, des écrans, des claviers ?
Dimanche 27 septembre 2009
Selon une dépêche de l’AFP
du 9 IX, le préfet Paul Girot de Langlade a été
mis à la retraite d'office ; il avait été
suspendu de ses fonctions à la mi-août pour avoir
déclaré, lors d’un contrôle à
Orly : "On se croirait en Afrique (...,) il n'y a que des Noirs
ici".
De son côté, le ministre de l’intérieur
Brice Hortefeux, qui lui a infligé ces sanctions, a
glissé sur la même pente lors d’un rassemblement de
l’UMP, le 5 IX à Seignosse : alors qu’il posait
avec un jeune de l’UMP dont plusieurs échanges venaient
d’évoquer l’origine maghrébine, il
lâcha : “Il en faut toujours un. Quand il y en a un,
ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des
problèmes”, suscitant quelques rires - le tout
enregistré et bientôt diffusé sur le net...
Il ne
m’appartient pas de juger le degré ou la profondeur du
racisme de l’un ou de l’autre. Mais le moins qu’on
peut demander à de hauts dignitaires de la République est
de ne rien en exprimer publiquement. Plus largement, le racisme en
France a un lien profond avec les conquêtes coloniales, la
colonisation, la domination sur un Empire et tout ce qui s’en
suivit : le masquer, le taire, le condamner ne suffit pas :
il faut l’extirper. Un travail que la société
française aurait dû entreprendre, mener et poursuivre
résolument et avec ténacité.
Vendredi 11 septembre 2009
“La Chine accroît sa mainmise sur les métaux rares”, titre le Monde,
qui précise : “Le pays détient environ 95 % de
la production mondiale de terres rares (... et) investit dans des mines
de métaux rares situées hors de ses frontières, en
Australie par exemple, verrouillant un peu plus le
marché” ; ainsi, “les entreprises occidentales
vont de plus en plus dépendre des choix de la Chine”.
Dans un tout autre domaine, l’agence Xinhua
annonçait jeudi dernier : “La Chine a approuvé
ce jour le vaccin contre la grippe A/H1N1 produit par la compagnie
pharmaceutique chinoise Sinovac, faisant de Sinovac la première
compagnie à obtenir un permis de fabrication pour le vaccin dans
le monde... Panflu.1 peut être utilisé en toute
sécurité par les personnes âgées de 3
à 60 ans en une seule injection”. En deux phrases,
l’annonce d’une double avance par rapport à
l’ensemble des firmes occidentales.
Puissent les grandes
puissances qui ont envahi militairement et humilié la Chine, ne
pas trop avoir à le regretter dans les prochaines
décennies.
Lundi 7 septembre 2009
En
lisant le Monde : “Le ministère de l'économie
japonais a annoncé, mardi 1er septembre, qu'un groupe de seize
entreprises, dont les poids lourds Mitsubishi Electric et Ihi,
participeraient durant quatre ans à un ambitieux programme de
recherche dans le but de créer une centrale électrique
dans l'espace. Le groupe de recherche est chargé de
développer une technologie permettant de transmettre de
l'électricité sans câbles, sous la forme de
micro-ondes”.
Je comprends
la répulsion que peuvent encore avoir les Japonais à
l’égard du nucléaire. Mais faut-il rappeler que les
fours à micro-ondes sont considérés par beaucoup
comme dangereux et que cette technologie a d’abord
été, et est encore, développée pour des
armes ? Transmettre par micro-ondes sur Terre de fortes
quantités d’énergie produites dans l’espace
me paraît une bien néfaste idée. Quelles que soient
les assurances que pourront prodiguer scientifiques, entrepreneurs et
politiques impliqués dans ce projet.
Mercredi 2 septembre 2009
Les Pays-Bas face à la montée des mers
Un article du Monde
le souligne : “Avec près d'un tiers de leur
territoire situé sous le niveau de la mer, les Pays-Bas sont
vulnérables à une forte montée des eaux, d'autant
qu'un quart des barrages, datant des années 1950, ne satisfont
plus aux normes. Le niveau de l'eau pourrait s'élever de 0,65 m
à 1,30 m en 2100, et jusqu'à 4 m en 2200”. La
secrétaire d'État aux transports, aux travaux publics et
à la gestion des eaux, Tineke Huizinga, se veut
rassurante : “Ne cédons pas à la panique, nous
serons prêts à temps ; il faut voir les adaptations
nécessaires au changement climatique comme une chance pour les
Pays-Bas (...). Nous voulons des solutions créatives, car
on ne peut tout simplement pas rehausser les digues
indéfiniment. La protection contre l'eau reste notre
première priorité, mais nous voulons faire en sorte que
cette protection génère une valeur ajoutée pour
les Pays-Bas, sur les plans énergétique,
économique et environnemental (..., avec notamment) la
production d'énergie renouvelable”.
Roboratif ? Bien
pensé ? Positif ? Certes. Mais en même temps,
une manière de considérer que le combat pour
maîtriser et réduire l’effet de serre est perdu. Et
que le réchauffement climatique est désormais inscrit
dans le devenir de la Terre, donc des sociétés humaines.
Jeudi 13 août 2009
Victime
- avec ou sans perte de connaissance - d’un malaise vagal (ou
autre) au pavillon de la Lanterne à Versailles, le
président Sarkozy est en examens au Val de Grâce.
Une fois de
plus, il est le meilleur : il est probablement le premier
président à avoir, le jour de son arrivée
sur les Champs-Élysées à Paris, réussi
à voler la vedette au Tour de France.
Dimanche 26 juillet 2009
Une dépêche de l’agence Xinhua :
“La ville américaine de Los Angeles et la province
chinoise de Jiangsu ont signé vendredi à Los Angeles un
accord de coopération dans le domaine de l'énergie
solaire (...). Los Angeles est la première ville des Etats-Unis
à se doter d'un plan ambitieux sur l'énergie propre
(...). Jiangsu a tendance à devenir une base de production
d'énergie solaire dans le monde, avec plus de 500 fabricants
d'équipements à énergie solaire, tandis que ses
exportations en la matière atteignent 6,5 milliards de
dollars”.
Pendant ce temps, la
France creuse son retard en ce domaine, avec une EDF qui pèse
sur l’équipement du pays en électricité non
centralisée renouvelable et un président qui, à
défaut d’avoir ramené la croissance avec les dents,
s’essaye en commis voyageur du nucléaire français
dans le monde.
Samedi 18 juillet 2009
Initié
par la branche allemande du Club de Rome, ce projet est
développé par quelques grandes firmes allemandes,
parmi lesquelles le conglomérat Siemens, les électriciens
Eon et RWE, et la Deutsche Bank. Il s’agit
d’édifier, dans le nord de l'Afrique et du
Proche-Orient, des installations solaires couvrant des milliers
de kilomètres carrés destinées à alimenter
en électricité l’Europe, et d’abord
l’Allemagne.
Tout pour
déplaire : une ressource par nature largement
dispersée et se prêtant à des usages locaux,
reconcentrée par le recours à de lourds moyens
technologiques ; une ressource du Sud captée au profit du
Nord, avec toutes les prévisibles tensions et
surenchères ; des paysages dévastés et des
biosphères gravement perturbées, tant dans les
déserts choisis qu’au long des lignes
d’approvisionnement ; des coûts élevés,
des pertes en ligne, des dégradations durables : un bon
candidat pour rejoindre le nucléaire et les énergie
fossiles sur le podium des énergies polluantes.
Lundi 13 juillet 2009
Affaire Madoff : les zones d'ombre
Le Monde
explore “Les zones d'ombre de l'affaire Madoff” :
comment il a escroqué ses clients, qui s'est laissé
prendre, comment il a échappé aux contrôles,
où sont passés les 65 milliards de dollars...
Exceptionnellement, je réagis à l’article en envoyant ces lignes :
“On se demande toujours qui a perdu. C'est normal. Mais je
n'ai jamais vu d'articles ou d'études qui donnent la liste de
ceux qui ont gagné. Ce qui pourrait être
intéressant. Car, depuis des décennies, bien des clients
de Madoff ont dû gagner de l'argent. Et certains ont pu en gagner
beaucoup. Lesquels? La lumière a-t-elle été faite
sur ce point? Si oui, donnez-nous l'information. Sinon, ce serait un
beau sujet pour un journaliste d'investigation...”
Plus tard, en vérifiant si mon message est bien
arrivé, je découvre qu’un autre, signé jojo+
et antérieur au mien, allait dans le même sens :
“Quand on perçoit des revenus supérieurs
à 10 % du capital qu'on a placé, on retrouve son capital
au bout de moins de 7 ans et après c'est tout bonus... Seuls les
déposants récents de Madoff sont réellement
perdants. Comment se fait-il que la justice US ne s'intéresse
pas aux premiers déposants - souvent des fondations-? Et ce sont
semble-t-il les dirigeants de ces fondations qui ont cautionné
Madoff et encouragé leurs riches amis à déposer
chez lui alimentant ainsi leurs propres comptes...”.
D’autres
messages tournent autour de cette question - une question qui semble
n’intéresser ni les journalistes, ni la justice.
Lundi 29 juin 2009
Arthus-Bertrand : doit faire mieux
Vu
hier la version télé (donc abrégée) de
Home, documentaire/ manifeste de Yann Arthus-Bertrand : un
“coup” mondial, puisque ce document est diffusé dans
181 pays et sur 81 chaînes de télévision.
Une première partie fulgurante et fascinante évoque
l’évolution de la Terre (4 milliards
d’années) et la lente montée en puissance des
humains (200 000 ans). 4 milliards d’années, une
immense période qui, à partir du magma originel et du
rayonnement solaire va voir les émergences liées de
l’eau, des bactéries, de l’oxygène, du
vivant, des arbres et des humains. Et ces derniers, qui finissent par
prendre possession de leurs territoires, bouleversent en quelques
siècles la planète, menaçant partout les fragiles
équilibres qui ont rendu possible la vie sur Terre.
Une deuxième partie évoque l’ampleur, la
gravité et la diversité des atteintes que nous faisons
subir à la Terre et au Vivant : “Nous sommes en train
de casser les cycles d’une vie qui nous était
offerte”...
Hélas, la partie finale est complètement tarte.
Avec ce cliché vide : “il est trop tard pour
être pessimiste” ; plus cette incongruité :
“ce qui est important, ce n’est pas ce que nous avons
perdu, c’est ce qui nous reste” ; plus cette
ambiguë et fallacieuse affirmation selon laquelle il y aurait des
solutions et il n’y aurait qu’à les appliquer.
Une fin qui va encourager le penchant trop répandu à
laisser les “responsables” appliquer les - très
insuffisantes - solutions évoquées...
Attention ! Très grand danger !
Samedi 6 juin 2009
Mai 2009
Le patient agacement de la Chine
Il y
a moins de deux mois, quelques jours avant le G20, Pékin
proposait de créer, dans le cadre de la réforme
du système monétaire international, une monnaie
de réserve internationale super-souveraine ; ignorant
cette proposition, Obama souligna avec une emphase
déplacée, la force du dollar (v. écho du 26 mars).
Voici maintenant que Pékin et Brasilia font savoir que, pour
leurs échanges commerciaux, ils utiliseront désormais
leurs monnaies respectives - le renminbi et le real. Et
aujourd’hui, la Chine a appelé les nations les plus riches
à réduire d’ici 2020 leurs émissions de gaz
à effet de serre de 40 % par rapport aux niveaux de 1990
et à consacrer entre 0,5 et 1 % de leur PIB pour aider les
autres pays à maîtriser leurs propres émissions et
à faire face aux effets des changements climatiques.
Depuis
quelques décennies, les États-Unis se sont
habitués à ce que, première puissance dominante,
tout leur soit permis - fournisseurs et protégés
acceptant sans broncher le gonflement de leurs dettes. Mais depuis des
millénaires, les Chinois savent qu’il n’est pas de
puissance sans faiblesse.
Jeudi 21 mai 2009
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Avril 2009
Confondante confusion
Hier, la Garde des sceaux s’est donnée en spectacle.
Aujourd’hui, ses proches minimisent : ce
n’était qu’un jeu avec son public : des Jeunes
UMP en convention pour les élections européennes, Mais la
vidéo est sans appel.
Arrivée en retard, Rachida Dati est interrogée sur
l'énergie nucléaire. Un coup d’œil à
ses fiches : "Alors, je récite. 77 % de notre
énergie (elle rit) provient du nucléaire”. Un
blanc, malaise : “C'est ça ?
Électricité ? On m'avait dit énergie",
répond-elle, rigolarde...
Autre question : "L'Europe s'occupe-t-elle trop des affaires
nationales ?" Flottement, bafouillage, puis cette réponse :
"Elle s'occupe de ce qu'on lui donne à s'occuper et puis, elle
s'occupe de ce qu'on lui donne à s'occuper, avec les personnes
qui peuvent porter ses affaires à s'occuper". Nouveau malaise,
elle s’inquiète : "Je l'ai bien fait là ?"
"Oui, c'était pas mal", enchaîne le président de séance pour passer à autre chose.
Dans
une période où le pouvoir accable de mille
manières l'école et l’université, je dois
dire que pareille prestation aurait été fatale à
n’importe quel candidat. Comme il s’agit d’un
ministre de Sarkozy, ça passe. Mais - sans parler de la
pensée et de la langue, c’est la fonction, le personnel
politique et d’une certaine manière la France qui sont
dévalorisés.
Vendredi 24 avril 2009
Optimum Population Trust
Vétéran de la radio-télévision britannique,
ardent défenseur de la nature, Sir David Attenborough est
désormais à la tête de l’Optimum Population Trust (OPT),
un organisme de réflexion et d’influence, qui prône
la limitation de la population mondiale. “Il y a trois fois plus
de gens dans le monde que quand j’ai commencé à
travailler à des programmes de télévision, il y a
56 ans”, a-t-il déclaré. “C’est
effrayant ; ça ne peut continuer ainsi. On en voit les
conséquences en termes d’écologie, de pollution
atmosphérique, d’espace et de production alimentaire
(...). Je n’ai jamais vu un problème qu’il ne serait
pas plus facile de résoudre avec des populations moindres, mais
plus difficile, à la limite impossible à régler,
avec des populations plus nombreuses”.
On peut, on
doit poser cette question de la population mondiale dès lors que
l’on pense au présent et au devenir du monde.
Ce qui est grave, c’est de tout focaliser sur elle.
C’est d’omettre la croissance exponentielle des besoins
individuels dans les aires de consommation intensive ;
d’oublier l’abyssale inégalité du monde et
les écarts énormes des empreintes écologiques
entre les plus démunis et les consommateurs des aires
d’opulence ; c’est de mesurer le méthane
émis par chaque humain, en négligeant les gaz
à effet de serre et les pollutions dus aux combustibles
fossiles, aux productions chimiques, au nucléaire ou aux
transports ; c’est d’oublier qu’une forte
proportion des produits alimentaires destinés aux consommateurs
de pays riches finit dans des décharges : la moitié
aux États-Unis et le tiers en Grande-Bretagne.
Peu importe Sir David. Ce qui est inquiétant, c’est
que ses propos s’inscrivent dans une continuité de
pensée qui a repris de la vigueur dans les dernières
décennies ; c’est que les hommes en trop, ce sont
toujours des autres et que, pour bien des dirigeants et des braves gens
des pays riches, ce sont les populations démunies des continents
pauvres. Plus inquiétant encore, dans cette mouvance,
certains font un pas de plus et se demandent : comment s’en
débarrasser ?
Mercredi 15 avril 2009
Histoire
Ma nuit se termine sur ce rêve : devant moi une page
blanche, avec en haut, centré, ce mot “Histoire”. Je
dois écrire une page sur ce thème.
À l’école, j’ai appris l’histoire
de France : des dates, des noms - de rois et de reines, de
combattants et de généraux, de savants et de
républicains -, des batailles, des découvertes et des
conquêtes.
Au lycée, mon horizon s’est un peu élargi,
avec les origines grecques et romaines, les rivalités
franco-hispaniques et franco-anglaises, l’amitié
franco-américaine, les colonisations et les guerres
franco-allemandes. J’ai même appris que l’Histoire
avait un sens grâce à l’enchaînement des
progrès scientifiques, techniques, économiques, sociaux
et humains ; mais l’observation du monde m’a fait
comprendre que ce n’était pas si simple.
Ensuite, j’ai pris conscience de l’importance et de
l’ampleur de ce qu’on ne m’avait pas enseigné.
La France a été une puissance européenne et
coloniale, mais jamais le centre du monde. L’Europe a joué
un rôle central, mais pendant moins de cinq siècles. De
lentes migrations, des réseaux complexes
d’échanges, d’influences et d’affrontements,
de grandes civilisations, de vastes empires et de modestes ou
brillantes cités ont fait l’histoire de
l’humanité : une histoire d’une richesse
inouïe.
Certains ont pensé cette évolution comme menant
à un niveau supérieur de société -
solidaire et sans classe - assurant un niveau élevé de
démocratie et de liberté. Mais ces idéaux ont
principalement nourri des idéologies permettant à
d’obstinés réalistes de prendre ou de conserver le
pouvoir.
Aujourd’hui, tout me
paraît inexorablement clair : nous, humains, sommes en
charge de notre devenir. À un moment où nous sommes des
milliards, avec d’abyssales inégalités et
d’insatiables besoins, sur une Terre que nous dévastons
chaque jour un peu plus, tout peu advenir.
Et c’est vers du pire que nous allons depuis des décennies.
Mercredi 1er avril 2009
Haut

Mars 2009
Par delà l’enjeu du SMI
Au
début de la semaine dernière, le Kremlin faisait savoir
sur son site qu’il "est capital d'élaborer et d'adopter
des standards internationaux dans le domaine de la politique
macroéconomique et budgétaire dont l'application sera
obligatoire pour les plus importantes économies mondiales y
compris pour les pays émetteurs de monnaies de
réserve” et formulait le souhait qu’après le
sommet de Londres soit organisée une “conférence
internationale appelée à définir les
caractéristiques principales de l'architecture financière
mondiale et à adopter des conventions internationales concernant
le nouvel ordre financier mondial”.
Au début de cette semaine, le président de la
Banque centrale de Chine, Zhou Xiaochuan, proposait, sur le site
internet de la Banque du Peuple de Chine, de créer -
dans le cadre de la réforme du système
monétaire international - une monnaie de réserve
internationale super-souveraine : une monnaie de
réserve “séparée de pays
individuels”, qui supprimerait “les insuffisances
inhérentes causées par l'utilisation des monnaies
nationales basées sur le crédit” et serait
“capable de rester stable dans le long terme”.
Hier, le président Obama a nettement pris le contre-pied de ces propositions en déclarant, selon Xinhua
: “le dollar est extraordinairement fort pour le moment
(...). La raison pour laquelle le dollar reste fort pour le moment
est parce que les investisseurs considèrent les
États-Unis comme la plus forte économie du monde
avec le plus stable système politique du monde (...). Je
ne crois pas qu'il y a un besoin pour une monnaie mondiale".
Dans sa traduction, le Monde
utilise la formule “en ce moment” au lieu de “pour le
moment”. La différence est évidemment porteuse de
sens. Mais là n’est pas l’essentiel : face
à la Chine et à la Russie, Obama reprend le discours de
la puissance impériale prédominante sûre
d’elle-même. C’est absurde et dangereux : car il
y a bien longtemps que les États-Unis n’ont
été aussi affaiblis et vulnérables ; et la
Chine fera payer un jour à leurs auteurs toutes les humiliations
qui lui auront été infligées.
Jeudi 26 mars 2009
Des eaux marines plus acides
“Le CO2 ne menace pas seulement le climat, il dégrade
aussi les océans : en absorbant une part du carbone
atmosphérique excédentaire, les mers tendent à
devenir de plus en plus acides. Un phénomène qui pourrait
à l'avenir fragiliser certaines espèces formant la base
de la chaîne alimentaire”, écrit le Monde en rendant compte d’un article publié hier par la revue Nature Geoscience.
Encore
le tocsin : ainsi (v. écho du 3 mars), la chaîne
alimentaire océanique est attaquée par les deux bouts -
alors que s’accroît la population mondiale et
qu’augmente sa consommation.
Lundi 9 mars 2009
Cordonniers et scientifiques
Chaque jour sonne le tocsin - pour qui accepte de l’entendre. Aujourd’hui, le Monde
fait écho à Daniel Pauly, né à Paris en
1946 des amours d’une ouvrière et d’un GI noir,
aujourd'hui directeur du Fisheries Centre
de l'université de Colombie-Britannique. Voilà des
années qu’il tente d’alerter : en montrant
notamment que, contrairement aux statistiques officielles, “les
prises mondiales de poissons - ainsi que les stocks - diminuent depuis
la fin des années 1980” (article publié dans Nature
en 2001) ; que les captures touchent des poissons situés de
plus en plus bas dans la chaîne alimentaire et qu'on compte de
plus en plus de “stocks de poissons surexploités ou
épuisés”.
Il préconise de "réduire l'armée
déployée contre les poissons (...). Il faut pêcher
moins si l'on veut continuer à pouvoir pêcher. En ciblant
la pêche industrielle, on réduirait beaucoup les
capacités de pêche, sans affecter beaucoup de
personnes”. Il est aussi en faveur d'un réseau plus
largement étendu d'aires marines protégées.
Philippe Cury, directeur du Centre de recherche halieutique
méditerranéenne et tropicale de Sète, dit de
Daniel Pauly : "C'est le numéro un dans son domaine. Il a
fait comprendre à la communauté scientifique et au monde
l'ampleur de la surexploitation des poissons". Pris d’un doute,
j’ouvre l’État de l’environnement dans le monde
(La Découverte, 1993) et je lis p. 67 : “Depuis les
années soixante-dix, on observe une stagnation des
quantités totales de poisson pêchées, les stocks de
nombreuses espèces étant dès à
présent surexploités dans la plupart des grandes zones de
pêche maritime”.
On dit que les cordonniers sont les plus mal chaussés. On
pourrait dire ici que la “communauté scientifique” a
eu la comprenette bien lente.
Mardi 3 mars 2009
Haut

Fevrier 2009
Aux limites de la connaissance
“Les virus, vivants ?” : publié dans le Monde, ardu pour un non initié, cet article de Stéphane Foucart retient mon attention.
Les virus ont longtemps été
considérés comme ne bénéficiant pas du
“privilège de la vie” : car s’ils
“disposent d'un génome”, ils paraissaient
“incapables de se répliquer hors de la cellule qu'ils
infectent”. Mais, en 2003-2004, cette manière de voir a
été mise en question à la suite de la
découverte d’une famille de virus géants, ayant en
commun neuf gènes - ce qui attestait "l'existence d'un
ancêtre unique”. Et en 2008, a été
identifié un virus plus grand encore qu’accompagne un
petit virus satellite - l’un étant capable
d’infecter l’autre. Dès lors qu’ils se
reproduisent et qu’ils s’infectent les uns les autres,
qu’est-ce qui retient de les classer dans le monde du
vivant ? Le débat reste ouvert mais, selon un
spécialiste, “ce n'est pas une question de biologie, mais
plutôt de sémantique ou de théologie”.
Reste une certitude :
le fait que l’on en ignore beaucoup à propos des virus
n’empêche ni de diagnostiquer, ni de prescrire.
Mais, compte tenu de la multiplication des effets
indésirables possibles de la plupart des médicaments, le
plus sage ne serait-il pas, le plus souvent, de prescrire huit jour de
repos et de marche au grand air ?
Samedi 21 février 2009
Hallucinant
Le Monde
rend compte du rapport du Programme des Nations unies pour
l'environnement (Pnue) publié hier ;
consacré
à la crise alimentaire, il est, pour le moins,
déconcertant.
Pour aller à l’essentiel :
“près
de la moitié de la production alimentaire mondiale est
aujourd'hui perdue, mise de côté parce qu'elle ne
correspond pas à des normes de marchés ou
gaspillée lors de la consommation”. D’un
côté, il y a “la faiblesse de beaucoup
d'agricultures de pays du Sud, exposées aux pestes
végétales, aux médiocres moyens de
stockage, au
manque de transport” ; de l’autre, il y a
“le
gaspillage de nos sociétés d'abondance. Au
Royaume-Uni,
un tiers de la nourriture achetée n'est pas
consommé et,
aux Etats-Unis, les pertes observées au niveau des
différents systèmes de distribution sont
estimées
à environ 100 milliards de dollars par an” -
à
rapprocher des 3,5 milliards de dollars dépensés
par le
Programme alimentaire mondial pour les populations souffrant de la faim
en 2008.
Il y a là une réserve potentielle
énorme qui
pourrait permettre de faire face à l’augmentation
de la
demande d’alimentation que va nécessairement
induire la
croissance démographique des prochaines
décennies :
une voie qui, selon le Pnue, “a jusqu'à
présent
été très peu explorée alors
qu'elle aurait
de plus l'avantage de réduire la pression sur les terres
fertiles et de limiter la déforestation”.
La fin du
gâchis
alimentaire doit donc s’inscrire - probablement avec le
retour
à une certaine frugalité - dans les modes de vie
à
inventer dans les prochaines décennies.
Assurément, plus
facile à dire qu’à faire.
Mercredi
18 février 2009
Du soleil et
du vent
Il y a quelques jours (le 26 I),
le Monde
annonçait qu’une cinquantaine de pays avaient
créé l’Irena - l’Agence
internationale pour
les énergies renouvelables - mais que plusieurs grands pays
(États-Unis, Chine, Japon, Brésil…) ne
s'y
étaient pas associés. Le même jour,
était
annoncé que l'Allemagne est à l'avant-garde du
développement des énergies renouvelables, qui ont
assuré en 2008 15,3 % de son approvisionnement en
électricité. Avant-hier, on apprenait que pour
l’énergie éolienne dont les
capacités
mondiales ont augmenté de 29 % en 2008, les
États-Unis sont les premiers, devant l'Allemagne ;
et
aujourd’hui, que l’Inde est engagée dans
un effort
massif de développement et de mise en œuvre de
l’éolien et du solaire.
En
France, le
président et le complexe
nucléaro-électrique
s’obstinent à imposer la primauté au
nucléaire, tandis que les grandes puissances du Nord et du
Sud
se renforcent dans ce qui sera le grand marché des
prochaines
décennies : l’équipement en
production
décentralisée d’énergie
renouvelable. Trop
rares sont ceux qui comprennent que c’est par de telles voies
qu’il faut chercher à sortir de la crise.
Samedi 7
février 2009
Haut

Janvier 2009
Trop
loin ?
“Deux
Juifs se rencontrent dans une gare en Europe après la
capitulation de l’Allemagne hitlérienne.
L’un
demande à l’autre :
- Et où vas-tu ?
- Je vais à... Perganimo.
- Ah..., Perganimo... C’est loin !
- Loin d’où ?”
Entendue une fois, au sortir de l’enfance, cet
échange m’a profondément
touché. Je ne
l’ai jamais oublié.
Aujourd’hui, le Monde
rapporte le témoignage de deux médecins
norvégiens, seuls occidentaux présents dans
l'hôpital de Gaza : “Nous avons vu des
victimes de ce
que nous avons toutes les raisons de penser être le nouveau
type
d'armes, expérimenté par les militaires
américains, connu sous l'acronyme DIME – pour
Dense Inert
Metal Explosive. À 2 mètres, le corps est
coupé en
deux; à 8 mètres, les jambes sont
coupées,
brûlées comme par des milliers de
piqûres
d'aiguilles. Nous n'avons pas vu les corps
disséqués,
mais nous avons vu beaucoup d'amputés”. Ces armes
explosives de proximité, explique l’auteur de
l’article, sont de “petites boules de carbone
contenant un
alliage de tungstène, cobalt, nickel ou fer, elles ont un
énorme pouvoir d'explosion, mais qui se dissipe à
10
mètres”.
Il y a quelques jours, j’évoquais une
“politique de l’hyperchoc” à
propos de
l’intervention israélienne à Gaza (voir
billet du 9
I). Dans son ensemble la “communauté
internationale”
comprend l’offensive israélienne, même
quand elle en
regrette le “caractère
disproportionné” ; elle admet que Tsahal
aille
très loin, mais, pas trop loin.
Mais trop
loin, c’est où ?
Lundi 12
janvier 2009
Quand
même...
"Mon
principe à moi, c'est qu'il ne faut pas renoncer
à des
alternatives au capitalisme. Ce n'est pas parce qu'on n'a pas
trouvé jusqu'à présent d'autre
système - il
faut le reconnaître de manière réaliste
- (...)
qu'il ne faut pas continuer à chercher, car ce
système
est quand même très très injuste".
C’est le
directeur général de l'Organisation mondiale du
commerce
(OMC), Pascal Lamy, membre du parti socialiste, qui l’a
déclaré ce matin sur France Inter.
Il en a rajouté une couche : "Il faut
reconnaître que ce système (...) qui
crée de
l'injustice, et on le sait depuis 200 ans, depuis sa grande phase
d'expansion au XIXe siècle, ce système
mérite
d'être changé”. Puis il a
estompé :
“Pour autant (...) il faut être
réaliste, toutes les
tentatives de le changer fondamentalement ont
échoué.
Donc en attendant, pendant qu'on réfléchit, qu'on
cherche, il faut l'améliorer, le corriger, le
maîtriser".
Dans la gamme des positions balayée en quelques
lignes,
comme dans les balancements des hésitations et des remords,
on
reconnaît le style de Jacques Delors, dont il a
été
l’inlassable lieutenant pendant des lustres à
Bruxelles.
Est-il utile de rappeler qu’il y a deux siècles le
capitalisme n’avait pas été
identifié comme
système et que beaucoup, aujourd’hui, font comme
si on
était encore dans de simples “économies
de
marché” ? Vaut-il la peine de lui opposer
qu’un
système socio-économique, ça ne se
“trouve” pas - pas même en
“cherchant” ou
en “réfléchissant” ?
Mais au fait,
pourquoi
cette déclaration ? Seul candidat à sa
succession
à la tête de l'OMC, ce propos ne peut servir
à sa
réélection. Mais peut-être le membre du
parti
socialiste pense-t-il déjà, lui aussi,
à
2012 ?
Mercredi
7 janvier 2009
Les loups...
“L'armée
israélienne est entrée dans la bande de Gaza”,
titrait en rouge hier soir lemonde.fr.
Titre anodin ? Pour un ancien, difficile de ne pas se rappeler
Serge Reggiani chantant "Les loups sont entrés dans Paris".
Dimanche 4 janvier
2009
Élysée :
mornes vœux
S’étant privé de la
stimulation du direct,
c’est d’une manière terne que le
président
Sarkozy a délivré son message de vœux.
Pourtant,
ses “plumes” avaient puisé aux
meilleures sources.
D’abord, une variation inspirée (par mère
Thérésa ?) sur le
thème “je veux penser d'abord à ceux
que la vie a durement éprouvés ...”
Puis, du Pirandello : “Depuis que les
difficultés sont apparues je vous ai toujours dit la
vérité et j'ai agi” - et avant ?.
Un peu de Superman : “Dans une
période de crise
comme le monde n'en avait pas connu depuis bien longtemps, j'ai
essayé de changer l'Europe... La France a exigé
des
changements pour moraliser le capitalisme...”.
Une auto-congratulation discrète :
“Après avoir préservé les
économies
de chacun grâce au plan de sauvetage des
banques...”,
immédiatement suivie d’un incroyable
engagement :
“... ce sont les emplois de tous qu'il faut
désormais
sauver”. Et puis une autre incroyable promesse :
“Je
ne laisserai pas les plus fragiles se débattre seuls dans
les
pires difficultés” - à
moins qu’il faille comprendre qu’ils vont
être
très très nombreux à se
débattre.
Enfin ce quadruple avertissement : “Pour nous en
sortir
chacun devra faire des efforts. Car de cette crise va naître
un
monde nouveau auquel nous devons nous préparer en
travaillant
plus, en investissant davantage, en poursuivant les
réformes”... Et cette pirouette :
“Nous allons
sortir renforcés de cette crise”.
Nous,
qui nous ?
Jeudi 1er
janvier 2009
Haut

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